Notes Livres

Mélancolie des embruns 

Marie-Josée Christien, Les Cahiers du Sens n°27 (juin 2017)

Observatrice au regard aussi aigu que pudique, Lydia Padellec livre sous ce beau titre une suite de brefs poèmes en prose, dont un extrait prometteur avait été publié dans le n°108 de la revue Chiendents qui lui est consacré. Dans l'observation du paysage marin, le souffle retenu, elle passe de la contemplation à l'introspection et les mêle subtilement dans "la chair du poème". Les aquarelles de Catherine Sourdillon, dans leur hésitation entre gris et bleu, restituent "l'horizon à perte de souffle". A la quête de "la fissure qui laissera passer l'air - le souffle - puis les mots", le poème de Lydia Padellec est une île qui se dérobe, garde silence et secrets. Insaisissable "face aux caprices de la page", l'île en elle la "hante comme un navire naufragé de l'enfance", lui "titille les neurones, jusqu'à plus soif" et ne livre ses mots fragiles qu'au moment furtif où "il pactise avec la terre". L'expression délicate de Lydia Padellec vise juste et nous parle depuis la genèse du poème, ce qui en dit bien plus qu'un long commentaire sur la création poétique.      

Valérie Canat de Chizy, Terre à ciel (avril 2017)


De ces courts poèmes, qui ressemblent à des haïkus en prose, émerge une sensibilité toute marine. Le paysage est un chemin d’herbe en bord de mer, mais aussi un paysage intérieur, quand au cours de la méditation contemplative les mots commencent à naître en pensée. Ils ont la forme d’une île, et les syllabes sont des grains de sable. Il y a la brise iodée, le bleu immense, et surtout, l’attente du poème.
Dans cet état de vacuité face à la mer, le poème se dessine, mais ses contours sont incertains. Le poème est une île, mais cette île est exilée à l’intérieur ; il est comme un embryon, mais quelque chose est bloqué, l’embryon est noir, il pèse dans le ventre.

Cité engloutie - mon poème - aveugle aux sons qu’il m’envoie, je perds l’odeur de ses mots. L’onde file à travers ma peau telle une aiguille. Le varech enserre ma gorge. L’île en moi explose en une multitude de cris.


Ainsi la mélancolie évoquée dans le titre semble-t-elle liée à cette attente du poème qui ne vient pas. Malgré le lien indéfectible, la tentation du désespoir est grande lorsque celle qui écrit croit le lien brisé.
D’autres thèmes sont aussi évoqués, tel celui de la perte et de la disparition, avec ce baiser qui ne viendra plus, et celui du temps qui passe, de la vieillesse qui approche, et de l’enfance qui s’éloigne.
La vie pourtant se manifeste, une grue de papier se déploie sous les doigts, un rire d’enfant surgit, le magnolia bientôt sera en fleurs.

Il pleut sur l’île une musique d’herbe. Un duvet de mélancolie se dépose sur chaque fleur. Le parfum des roses en est légèrement étouffé.

L’île prend son essor, elle n’est plus un caillou mais lieu en expansion où la nature s’éveille.

Mon jardin est une île minuscule où la mousse bleuit du trop plein de ciel.
Je suis l’île et l’île est mon poème


Jacques Morin, Texture (décembre 2016), Décharge 173 (mars 2017)


On le voit, dès le titre, l’importance des sentiments apportés au paysage. Et ce qui adhère entre la tristesse de l’auteure et l’environnement marin. « J’ai regardé la mer et j’ai commencé à dessiner des mots en pensée. » Lydia Padellec donne de courts poèmes, comme des haïkus en prose, allant d’une ligne ou deux au paragraphe. Il existe une correspondance intime et mystérieuse entre le poète et la mer. L’île qui se niche en elle, et le poème au large. Il s’agit de les amarrer, de les apparier. « L’île en moi – caillou granuleux coincé dans la gorge… » Il y a en effet un obstacle minéral qui empêche l’appontement : « Chaque jour je mords dans le galet à défaut d’embrasser l’aube. » Apparaît aussi un jeu de personnes entre le je et le tu, intérieur projeté au loin, âme pendue sur la ligne d’horizon. Le long du recueil courent également les images de la petite fille à la femme qui écrit, qui vieillit et l’absence et le deuil entre les lignes du silence. Lydia Padellec nous embarque dans sa poésie à la fois douce et percutante, où le regard cimente intimement sa sensibilité et l’immensité marine. « Il pleut sur l’île une musique d’herbe.»

 
Monique Serre (novembre 2016) 

Quelle belle écriture, très personnelle, qui avance sur son erre, délicatement, et de façon très tenue aussi. Chaque tentative, comme un retour aux sources, avec prudence, prend appui sur des phrases simples : sujet - verbe - complément. On voit ton passage par le haïku, et j'y retrouve la limpide simplicité de la poésie chinoise Chan. Si la syntaxe est très simple, et sans outils de raisonnements, chaque choix de mots est extrêmement précieux et vient bousculer la chaîne sémantique vers de l'inattendu, de l'ailleurs, de la poésie au sens fort. Par exemple : "Paume tournée vers le ciel. Les veines comme des branches fines dépourvues de feuilles. Arbre d'hiver figé dans la neige de la mémoire."On a d'abord une simple description, puis une comparaison avec les branches des arbres et enfin ce saut : "la neige de la mémoire". Je m'arrête, envahie par l'image, belle, qui éveille plaisir de lire et méditation sur cette "neige de la mémoire" ou bien :"Pliant une grue de papier j'écoute les nuances de parfum se mêler au bleu ses vagues (J'aime les synesthésies : ouïe, odorat, et vue). La mélodie des embruns me parvient comme un lointain souvenir. Doucement l'oiseau se déploie sous mes doigts. Une plume s'échappe." L'oiseau est devenu vivant... Mythe de la création : on fabrique quelque chose, en argile, en taillant le marbre, en pliant du papier, ou en alignant les mots, puis quelque chose arrive, inconnu. De quel souffle ?
Le poème est terminé.
Cette expression aussi : "l'épine qui tombera d'une étoile"; et l'on voit le monde autrement...
Chaque phrase, en début de page, suivie d'une immense plage blanche, est comme une tentative de départ, d'envol, sans cesse recommencée.
Le bel ouvrage d'Al Manar, qui avant tout respecte ce rythme, le beau papier, la belle aquarelle bleue de la couverture, nous fait vaguer entre un paysage maritime, et une représentation de la mélancolie. Si l'auteure tout au long du livre tâtonne en quête de son poème, jamais, tout au long du recueil, le lecteur ne doute de la présence d'une vraie poésie.

Sur la trace du vent

Marie-Josée Christien, Spered gouez n°22 (octobre 2016)

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Ce numéro coordonné par Georges Cathalo présente la discrète  Lydia Padellec qui "a la patience de l'arbre et sa détermination", comme le souligne avec justesse Jean-Claude Touzeil. Elle répond aux questions pertinentes de Georges Cathalo et donne à découvrir un choix de textes dont quelques inédits prometteurs, tels les poèmes en prose extraits de Mélancolie des embruns. Les articles de plusieurs auteurs, dont Hervé Martin, Gérard Noiret et Cécile Oumhani, permettent de découvrir ses multiples facettes : poète et haïjin, auteur de prose, éditrice, artiste et animatrice d'ateliers, organisatrice de rencontres poétiques. Une belle synthèse, un beau portrait qui laissent percevoir sa haute idée de la poésie et son intégrité. 
 
Pierre Kobel, La Pierre et le Sel (septembre 2016)

Les éditions du Petit Véhicule et leur maître d’œuvre Luc Vidal enrichissent la petite collection Chiendents d’un cent huitième numéro coordonné par Georges Cathalo et consacré à Lydia Padellec. Le haïku mis en exergue symbolise bien la personnalité de Lydia. Légèreté et solidité, les yeux au ciel et les pieds sur terre, au voisinage de l’horizon océanien pour des frontières sans limites. « Pour tout ce qu’elle entreprend, Lydia Padellec a la patience de l’arbre et sa détermination. » écrit Jean-Claude Touzeil. 

Poètes, une anthologie particulière

Réponses, lettres, petits mots des poètes...


Chère Lydia Padellec,



Je suis touchée de me trouver en si bonne compagnie de “Poètes”, et non des moindres. Tout particulièrement de Gérard Noiret, si attentif et si discret. Vous savez donc lire les autres, ce qui est bien nécessaire quand on écrit soi-même… Votre langue claire et ferme le prouve déjà.

Merci,



Marie-Claire Bancquart (20 octobre 2015)



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Chère Lydia,



C'est au retour de Carhaix que j'ai découvert votre anthologie, accompagnée de votre sympathique carte et de cette grue en papier fort bien réalisée.

Le livre est très intéressant, avec les textes que vous avez écrits, dédiés à chaque poète. L'ensemble représente un travail important et original. Merci de m'avoir sélectionnée au milieu de ces noms prestigieux.



Chantal Dupuy-Dunier (28 octobre 2015)


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Chère Lydia

J’ai reçu tes Poètes il y a un certain temps. Je terminais un roman, je n’avais guère le temps de m’y plonger. Je viens enfin de le faire, c’est un régal !
Dans la préface, tu as réussi à condenser en deux phrases ce que des auteurs tels Max Jacob (Art poétique et Conseils à un jeune poète) et Rilke (Lettres à un jeune poète et Cahiers de Malte Laurids Brigge) accomplissent difficilement avec des livres entiers. J’ai dit « condenser », or, tu es très légère dans ton propos : « La création ne peut venir du rien, ni d’une simple observation et encore moins d’une “inspiration divine”. Nous pouvons ressentir le monde, en avoir l’expérience, mais l’habiter en poésie suppose une “mémoire poétique”. »
J’admire chez toi cette absence totale d’effets d’écriture. C’est peut-être ce qui te permet d’accueillir les autres. Le poème qui répond au mien est un équilibre d’émotion et de partage. J’en suis fort honoré et fort ému. Merci du fond du cœur.

Bien amicalement.

NIMROD (5 novembre 2015)

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Chère Lydia Padellec,

Merci pour cette anthologie qui procure un plaisir rare car offrant un écho d’une écriture à l’autre, d’une âme à l’autre… Je suis très honorée et heureuse d’y figurer.

Sylvie Fabre G. (4 avril 2016)

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Quelque part au milieu de la pellicule (La Porte, 2015)

Sanda Voïca, Paysages écrits n°26 (décembre 2015)

https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/archives/numero-26/pe26---s-voieca-sur-l-padellec


Un doigt sur les lèvres

Jean-Louis Chartrain, Lettre Ploc'77 (mars 2015)

Á travers son univers, Lydia Padellec nous entraîne dans une promenade intérieure riche de sensations.
Et c'est en impressionniste qu'elle nous peint ces mondes de couleurs, par touches successives…

bleu du ciel
mêlé à l'hortensia bleu
bleu de la mer

(...) Les dessins de Nicole Barrière-Jahan, n'empruntant pas une voie suggestive mais restant au près des textes, ensemencent le recueil d'une douceur qui nous porte.
De la lecture du recueil de Lydia Padellec, on sort avec un doigt sur les lèvres pour ne pas rompre le charme, pour en laisser plus longtemps parler en nous les échos.

Entre l'herbe et son ombre (Titre provisoire) - Prix Trouvères des Lycéens 2014

Les échos d'une délibération par Jean Le Boël (Préface et quatrième de couverture) :

« Personne, en revanche, qui n’ait été interpellé par Entre l’herbe et son ombre de Lydia Padellec. Chacun trouve quelque chose à vanter : l’originalité de la conception, la profondeur du propos, les liens qui se tissent entre les deux univers parallèles, la sublimation magique du quotidien, l’émotion… C’est donc ce recueil qui l’emporte, poésie à la fois recherchée, humaine et facile à comprendre. »

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Cécile Guivarch, Terre à ciel, Hep ! Lectures fraîches (octobre 2015)

Livre construit avec en regard : un poème sur la mère et les paroles du poète. A gauche : un poème en vers. A droite : un fragment en prose, en italique. La construction de ce livre offre au premier regard une promesse d’originalité. Promesse tenue. Le fil conducteur du livre ne nous apparaît pas d’entrée de jeu, mais le parallèle mère/poète n’est pas anodin. Il ne s’agit pas que d’un livre sur la maternité au sens classique du terme. C’est aussi une réflexion sur la naissance de l’écriture, l’apprivoisement des mots, la façon dont le poème se forme dans la pensée et puis prend son envol : « Je tourne en rond autour de ma pensée et le poème continue de s’effilocher ». Un questionnement sur la venue au monde et sur les premiers mots. Les poèmes en vers sur la mère sont davantage terre à terre, ils ne questionnent pas, ils offrent une description du quotidien maternel. Néanmoins, les textes se répondent. Par exemple : « La mère voit l’enfant / grandir » provoque : « A chaque mot le poème grandit / son mystère aussi ». Etre mère, être poète, est-ce différent au fond ? L’une donne naissance à un enfant et puis l’élève. L’autre accouche d’un poème qui s’élève lui aussi.

http://www.terreaciel.net/Hep-Lectures-fraiches-Octobre-2015#.VhbHr-ztmkp

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Jean-Marie Corbusier, Recours au poème, sommaire 111 (septembre 2014)

Un recueil au titre provisoire, comme toute poésie qui ne vaut par son sens qu’à l’instant proférée. Tout comme la lecture et relecture modifient l’angle de vision et la présence des poèmes. Tout est provisoire même dans sa fermeté, c’est de l’incertain, de l’inaccompli : une force quand on le sait.
C’est un sillage de vie que nous propose Lydia Padellec : le destin de la mère, ses allées et venues sur la ligne du temps. Tout se situe au plus près dans le quotidien le plus ras, le plus utilitaire, le plus caché. Il faut un certain courage pour l’écrire en toute simplicité, une forme de mise à nu dans la pudeur...
Pour voir la note dans son intégrité, suivre le lien ci-dessous : 
http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/lydia-padellec-entre-l'herbe-et-son-ombre/jean-marie-corbusier

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Angèle Paoli, Terres de Femmes (septembre 2014)

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2014/09/lydia-padellec-entre-lherbe-et-son-ombre-titre-provisoire-extraits.html

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Gilles Brulet, poète (juillet 2014)


J’ai eu beaucoup de plaisir à lire Entre l’herbe et son ombre, le dernier recueil de Lydia Padellec paru en mars 2014 aux éditions Henry (8 euros).
Cet ouvrage a obtenu le Prix Trouvères des lycéens 2014.


Il se décline en vingt points ou séquences chacune double. Un texte (imprimé à gauche) descriptif, écrit à la troisième personne, correspond à son « jumeau »(imprimé à droite) écrit lui à la première personne.

Cette démarche, singulière, multiplie le pouvoir d’évocation. C’est une juxtaposition, un dialogue entre sentiments extérieurs et intérieurs, entre corps et esprit, entre vie et écriture ou sa mise en écriture. Nous sommes un peu comme dans une salle de travail du poème.

C’est une poésie profonde et sensible et toujours accessible :



Tout va si vite
le corps change
au creux des écorces



Tactile, sensuelle :



La poterie est lisse au toucher…
chaque mot est malaxé avec la langue comme on le fait avec un bonbon



Aux images réussies:



La nuque fléchit
sous le poids
des poussières
et des regrets amassés



De belle complicité humaine :



…défie l’ombre d’un sourire


elle ne gaspille
ni le silence
ni la confiture



Nous sommes ici en pays de haute poésie, comme celle de Colette Nys-Mazure (citée en exergue de l’ouvrage) ou celle de Vénus Khoury-Ghata et d’Andrée Chedid.
Un recueil à savourer et à conserver dans un rayon de poésie comme du miel.



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Sanda Voïca, revue Paysages écrits n°21 p.327-330 (avril 2014)

Voici un extrait ; pour lire la recension intégrale, suivre le lien.

"Si la poésie, c’est approcher au plus près possible l’éternité (le mystère, le vide, ou autre nom que celle-ci pourrait prendre), j’ose affirmer que Lydia Padellec a atteint cette « éternité » de plus près que jamais : soit sous la forme de ce chat invisible (sus cité), ou dans cette « paume tournée vers le ciel/ dans l’attente / d’une autre paume » (p. 14) ; et aussi dans ce « souvenir de pissenlits/ [qui] s’évapore dans l’odeur/ du détergent » (p. 20). Et les exemples peuvent être multipliés, jusqu’à épuiser (citer) tous les poèmes ! Eternité que Lydia Padellec a toujours frôlée (dès ses débuts), dans son écriture." 


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Fransoaz (avril 2014)

"Quant au recueil Entre l'herbe et son ombre, je partage tout à fait l'avis des Lycéens du Prix des Trouvères : c'est une poésie qui touche au plus profond, son apparente simplicité, sa légèreté immatérielle, son mouvement, c'est comme l'air et l'eau, impalpable et rempli d'émotions. Un gros coup de coeur."

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La maison morcelée - Prix PoésYvelines des Collégiens 2013

Notes des Collégiens :

"Un environnement familier est le sujet de La Maison morcelée. Cependant, nul sentiment de chaleur ou de joie dans ces textes mélancoliques qui expriment tour à tour la solitude, l’oubli, la tristesse… Les vers renvoient à la vieillesse et l’on ressent une certaine nostalgie. Les images se suivent, mais une reste dans la tête : une photographie abandonnée, couverte de poussière, retrouvée par hasard. C’est étrangement beau."

Louise Delumeau (3è, Collège Martin Luther King, Buc)

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« Visite nostalgique d’une maison d’enfance, fragmentée de trous de mémoire. Le poème en prose gémit de vivacité.
Lydia Padellec nous livre, au détour de chaque pièce, ses souvenirs, à la fois heureux et effrayants.
Le lecteur est transporté dans sa propre mémoire. »

Zoé Walkins (3e, Collège Martin Luther King, Buc)

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« Une maison dépeinte comme si elle était vivante. J’ai l’impression qu’elle est au bord de la mer avec un jardin magnifique. C’est la maison de sa grand-mère défunte ; la fille la visite et se souvient des bons moments. »

Maëlys Bustin (Collège Martin Luther King, Buc)

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« Une maison percée de trous de mémoire mais toujours vivante.
Ce livre me fait penser à la maison de ma grand-mère, pleine de vieilles armoires et de poupées poussiéreuses. »

Mathilde Gaulier (Collège Martin Luther King, Buc)

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« Je me suis retrouvé plongé dans mes souvenirs, agréables ou ennuyeux… Je retrouvais la maison de mes arrières grands-parents avec qui j’ai passé de merveilleux moments étant plus jeune. »

Jules Pourcel (Collège Martin Luther King, Buc)

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« Puzzle de souvenirs dont il manque quelques pièces et qui se reconstruit au fil des pages.
Les souvenirs d’enfance reprennent vie et habitent la vieille maison. On peut faire le parallèle avec nos propres fragments de mémoire, c’est ce qui rend ce recueil si poétique.
Léger et émouvant à la fois. »

Lauren Segalla (Collège Martin Luther King, Buc)

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« Il suffit d’une phrase pour combler mes attentes et mon attention. Des phrases fortes qui nous prouvent que chaque mot compte. »

Félix Chabran (Collège Martin Luther King, Buc)

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"Lydia Padellec nous laisse visiter le coeur de ses souvenirs d'enfance, dans cette maison morcelée sous l'effet du temps qui passe. Chaque pièce recèle des trésors de mémoire, et les élèves y pénètrent comme des fourmis se faufilent dans la cuisine par le trou d'une plinthe."

6è1, Collège Jean Monnet, Feucherolles

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Et ce n'est pas la nuit

Jacques Ibanès, revue Texture (janvier 2014)


Rompue à la technique des poèmes courts japonais, Lydia Padellec sait dire l’essentiel en peu de mots. Avec en exergue des références de Guillevic et de Sylvia Plath, elle donne ici deux poèmes placés sous le signe de l’absence, à venir ou passée. 

Je ne me risquerai pas à dévoiler la trame secrète et profonde qui lie ces deux textes, pour laisser au lecteur le bonheur de cheminer avec la lenteur qui s’impose parmi menhirs, vagues, écumes, océan, désert, nuages, horizon, bateau, mouettes, embruns qui l’empliront peu à peu. Ceci pour l’apparence. 

Car c’est le temps qui est maître du jeu : « Sous le voile du temps / que reste-t-il du souvenir / sinon un doigt sur la bouche ? » 

Dans cette collection des Editions Henry joliment nommée La main aux poètes, riche de 40 numéros de petit format à la jaquette noire ornée d’une vignette, le recueil de Lydia Padellec peut se lire et se relire au ressac des mots sans en épuiser le suc et la densité. « Je t’écris / pour panser la cicatrice / du vide »  : justesse d’un aveu qui est le postulat dans lequel s’inscrit toute démarche poétique. 
Et la vignette originale d’Isabelle Clément fait un bel écho à cette voix.

http://www.revue-texture.fr/spip.php?article614

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Dominique Borée, haïjin (décembre 2013)


La lecture de ton dernier recueil "Et ce n'est pas la nuit" fut pour moi un vrai bonheur.
"ces fragments d'amour et du temps qui passe" m'ont touché. Nostalgie, douceur, sensualité
au fil des pages... Je te cite :

Je t'écris dans cette chambre noire
pour entendre encore
résonner la mer contre ta joue

Je t'écris encore heureuse
du souvenir des vagues
de mes yeux dans tes yeux
le mouvement sonore de l'eau
à perte d'ouie

Dans "poèmes pour une photographie" j'ai aimé particulièrement

Quel geste précéda l'immobilité
de la photographie ?

(on tourne la page...)

Sans doute le frémissement
des lèvres
avant le sourire


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Sur les lèvres rouges des Saisons

Cécile Guivarch, poète - Terre à ciel (avril 2013)


Sur les lèvres rouges des Saisons paru en 2012 aux éditions de l’Amandier. Petit régal de recueil, rassemblant trois formes poétiques japonaises : haïku, tanka et haïbun, avec définitions à la fin du recueil pour qui ne connaît pas ces formes d’écriture. Lydia Padellec puise au cœur de l’instant et des émotions, avec finesse, humour parfois et on sent encore ici l’attention qu’elle porte à l’enfance. Le recueil est construit en plusieurs parties, chacune représentant une saison.

Ce matin d’hiver
En tirant les rideaux
Surprise par les flocons

Un sourire de petite fille
Sur mes lèvres de femme


*
Déclin du soleil
se faufile entre les fleurs
l’ombre d’un chat noir


http://www.terreaciel.net/Hep-Lectures-Fraiches-Cecile

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Dominique Chipot, haïjin - Ploc' la lettre du haïku n°62


A l'instar de l'école de Bashô qui bouleverse l'ordre des saisons dans Sarumino (le manteau de pluie du singe), Lydia Padellec commence son cheminement par l'automne.

Chemin glissant
s'agripper 
au murmure de l'eau

Un voyage poétique composé d'un haïbun par saison, de deux tankas et de quelques haïkus.
L'été, retour aux sources. Bord de mer et grand-mère.

Sur la photo
une belle jeune femme
ma grand-mère

Au printemps, profusion de fleurs ; L'hiver, lune ou neige emplissent le ciel.

Les saisons, bien typées, défilent au rythme lent des haïkus, tandis que les êtres chers habitent les haïbuns. 
Un texte plein de vie, de sentiments et de symboles.


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Jean-Paul Giraux, poète - revue Poésie/ Première n°55


Nous sommes quelques-uns à penser que les formes japonaises traditionnelles – et notamment le haïku – résistent aux délocalisations, qu'elles ont besoin du cadre culturel et linguistique qui les ont vu naître pour exister valablement. Pour elles, ni traduction ni transposition évidentes, et on cite tel haïku du maître Bashô dont les interprétations font l'objet d'interminables polémiques entre spécialistes de cet art délicat et mystérieux. Cela étant, on verra qu'ici, dans son dernier recueil, Lydia Padellec réussit la gageure d'en retenir le principe et l'esprit pour nous inviter à un agréable voyage à travers les saisons. Ainsi, nous lui devons une série d'instantanés où le quotidien se trouve transcendé par les fulgurances du propos. Deux exemples suffiront à en témoigner : "Soleil d'automne – / l'ombre froide d'un arbre / feuillage de feu" et "Entre chaque fleur / le silence / d'un papillon".


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Jean Antonini, haïjin - Gong, revue francophone de haïku n°38


Ce beau recueil de 62 pages a été composé par l'auteure selon les saisons, de l'automne à l'été. Chacune des 4 parties s'ouvre par un haïbun évoquant des proches aimés : "...une aïeule, de retour du lavoir ou du travail des champs, venue me consoler de la lenteur des mots..." ; "...C'est un bel après-midi de printemps et je marche aux côtés de celui qui deviendra mon amoureux..." ; "...Retrouver la petite fille que l'on a été. Mais non, les absents ne parlent plus..." Entre ces haïbuns, des haïkus et tankas :

Train du soir -
sur le siège devant moi
mon ombre vieillissante

*
Dans mon carnet neuf
je t'écris un haïku
mais la brise
agite les pâquerettes
et me distrait

...

Un livre plein de légèreté, de finesse, d'amour et de gravité.

**

Danièle Duteil, haïjin - L'Echo de l'étroit chemin (AFAH)

Le recueil de Lydia Padellec parcourt les saisons, de l’automne à l’été, en déclinant la poésie selon trois genres poétiques japonais, le tanka, le haïku et le haïbun.


Le haïku, sobre et ancré dans la réalité, fixe l’instant :

Tourbillons de flocons –

assis dans l’herbe gelée

qu’attend-t-il le chat ?

Tandis que dans le tanka, l’âme s’épanche davantage, avec retenue toutefois :

La nuit est si belle -

penchée à la fenêtre

je pense à toi

Mon ombre tremble
sous les étoiles glacées

Le haïbun, quant à lui, offre le loisir de développer, de narrer et de décrire, de (se) raconter, de perdre pied parfois lorsque la raison bascule dans l’imaginaire. Telle la bouée qui permet au naufragé de reprendre sa respiration, le haïku, semé à intervalles, recentre alors la pensée sur le réel.

La femme avance, silencieuse et humble, d’un pas qu’on pourrait croire dansant. Elle traverse le blanc et noir jauni d’une carte postale ancienne.

Sur mes lèvres
un goût brûlé
de crêpe au blé noir

La lumière de la lampe grésille doucement. Le papillon volette. Là, dans ce halo de lumière. Léger. Un murmure dans la nuit…
L’effleurement d’un tissu lourd contre un meuble. Je lève la tête et tends l’oreille : le vent a entrouvert la fenêtre. Il se frotte au rideau et balance les ombres. Etrangement… L’ombre à la fenêtre : ce n’est pas toi. Je le savais bien[1].

Chaque saison débute par un haïbun. Le premier, en automne, La nuit. Les livres dorment, se déploie dans l’obscurité. Il fait renaître le passé :
Une aïeule, de retour du lavoir ou du travail des champs, venue me consoler de la lenteur des mots.

On entrevoit des failles, des ruptures :
La trompette crie et se brise. Le piano s’arrête. La voix de Billie s’élève… et tombe quand la branche craque.

L’heure est à la solitude et à la vacuité…
On voudrait remplir le vide avec de l’encre.

au silence…
Je tourne en rond autour de ma page blanche. / La femme avance silencieuse…

à l’illusion, à la supercherie :
            Parfois d’étranges figures naissent à l’instant du sommeil et disparaissent[2].

Le dernier haïbun, situé en été, laisse percer la pleine lumière :
Le jardin est là, immaculé de lumière blanche.

Il vogue un instant sur les ailes du passé :
Le souvenir fugitif d’une petite fille qui court dans l’herbe.

Il s’arrête en pointant une blessure…
Un jouet, autrefois rouge, trône parmi les pâquerettes. Cassé. Oublié.

puis se laisse porter, à la faveur du passage d’un moineauétoile filante en plein jour, du côté de la vie qui résonne à proximité dans le rire des mouettes au creux des coquillages, pour enfin ouvrir à nouveau la porte au passé, vague qui va et vient, sommeillant dans le parfum de quelques brins de lavande :

Jardin de grand-mère –
l’odeur fragile
du souvenir

Entre les deux, le haïbun d’hiver. L’auteure, seule, marche au bras des ombres :
Aujourd’hui, je marche seule dans la neige. Je pense aux haïjins, à Bashô, à Santôka…

Déstabilisée par un tourbillon floconneux, elle se laisse aller au vertige :
La chute des flocons a quelque chose d’hypnotique. Elle nous entraîne avec elle.

L’imaginaire prend le pas sur le réel…
Mon esprit est ailleurs…

tous deux fondus dans le silence et le coton hivernal :
La neige tombe
sur la neige
quiétude

Santôka

Les années lointaines, par la voix de Santôka, reviennent, s’insinuent dans le présent, auquel elles s’accordent, estompant les limites du temps, de l’espace et de la mémoire :
Des flocons de neige
sur mon visage empourpré :
baisers de la lune

Est-ce l’envie de tirer l’auteure de son engourdissement et de sa torpeur qui me fait placer en dernier le haïbun de printemps ?
Des akènes de pissenlit s’échappent de ma mémoire.

La vie et l’amour éclatent enfin – Le son claque et résonne… Des notes de musique s’élèvent, égrenant dans l’air une allégresse inhabituelle :
C’est un bel après-midi de printemps et je marche aux côtés de celui qui deviendra mon amoureux.

Si la nuit revient encore, elle brille de tous ses feux :
Les lumières de la ville prennent peu à peu possession de la Seine.

Et la corde vibre, pincée cette fois par un être de chair :
Nuit sans lune –
Dans le vent froid
l’écho doux d’une guitare

Les mots de Lydia se posent légers sur la page qu’ils effleurent. Est-ce sa pudeur qui en atténue les contours ? L’ambiance onirique qui baigne ce beau recueil ? Ou bien les deux ?


[1] DESNOS, Robert : « A la faveur de la nuit », extrait de A la mystérieuse, 1926.

Patrick Argenté, poète (avril 2015)


J'ai lu attentivement et avec beaucoup d'intérêt Sur les lèvres rouges des Saisons. J'ai pourtant un rapport plutôt difficile au haïku. Naguère, le haïku m'agaçait  beaucoup, j'y voyais un phénomène de mode et une façon un peu facile de poétiser. Puis j'ai lu des haïku (faut-il mettre un s ?) d'Alain Kervern et je lui ai été reconnaissant d'avoir fait entrer les embruns de Brest dans ces coquilles de noix. J'ai deux recueils de Kervern que j'aime beaucoup : Terres des commencements et Ce grand vent ira-t-il plus loin que le matin ?
Et maintenant j'ai Sur les lèvres rouges des Saisons que j'aime beaucoup aussi. J'ai gardé dans un coin de mon ordinateur où je note mes petits secrets quatre de vos haïku(s) que j'aime encore un peu plus que les autres. Ce sont ceux-ci : bas page 12, bas page 19, bas page 30 et haut page 45. Il me semble que vous savez dévoiler la surprise du quotidien. Est-ce que les haïku(s) seraient fait pour cela, soulever un léger voile inattendu du réel ?
Mais n'y a-t-il pas dans le haïku une sorte de résignation devant un ordre du monde que la poésie voudrait, par ailleurs, contester? C'est ce qui fera que je n'écrirai probablement jamais de haïku. Mais personne n'est obligé et je me contenterai de lire ceux des autres, les vôtres en particulier. Merci.

Janick Belleau, haïjin québécoise (novembre 2012)

Un petit mot pour te dire que j’ai terminé la lecture de ton recueil Sur les lèvres rouges des Saisons.
Je me permets de t’offrir quelques impressions et réactions qui me sont venues à la lecture
- coup d’envoi magistral avec le chapitre « Automne »
- belle écriture poétique et élégance stylistique ; les pensées intimes de l’auteure n’en sont que plus émouvantes.
- structure symétrique et systémique pour chaque Chapitre/Saison. Cette rigueur visuelle me semble dénoter une harmonie entre la tête, le cœur et les sens.

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Daniel Pyhaïjin - Gong Haïku (novembre 2012)

De Sur les lèvres rouges des saisons, de Lydia Padellec, je peux écrire que sa poésie est comme elle (est) :
fine et sensible,
attentive et minutieuse.


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La mésange sans tête













Cécile Oumhani, poète - Recours au poème (2014)


Que sommes-nous, alors qu’au ciel s’effeuillent les nuages, pendant que la mer immense emporte notre trace, aussi inéluctable qu’un métronome ? Que voyons-nous la nuit sur un bord de fenêtre ? Ce sont des questions aussi vastes qu’éternelles qui traversent La mésange sans tête, recueil de Lydia Padellec, dont La maison morcelée nous avait aussi beaucoup touchés lors de sa parution en 2011.
La mésange sans tête est dédié à la grand-mère, figure centrale de La maison morcelée, tissant ainsi un lien qui chemine à travers la poésie de Lydia Padellec et qu’éclaire pour nous l’incipit d’Anna Akhmatova : Pas un poète n’a encore dit / Que la sagesse n’existe pas / Que la vieillesse n’existe pas / Que la mort, peut-être n’existe pas.
Le recueil s’ouvre sur une présence à la fois sensible et fragile aux choses et au monde, comme regard d’oiseau, à la fois contemplatif et humble, face aux forces qui régissent l’univers.  Suit l’envol, ivresse des horizons marins où il se perd, là où brise et  fracas des vagues sur les rochers assourdissent et affolent.  Temps et identité se diluent, balayés par une puissance océane destructrice, mais aussi source de fascination à l’œil qui plonge très loin dans un passé qui le dépasse : Je ne me souviens plus / de l’empreinte des doigts / dans le sable préhistorique / de l’enfant sans tronc.  L’enclos du jardin offre le refuge où émergent les souvenirs, sensations fondatrices, images recomposées où retrouver ce qui s’était dispersé dans l’errance d’une boussole égarée. Elles sont autant d’échos d’enfance et de découvertes.
Lydia Padellec écrit en touches fines et légères.  Ces courts poèmes cernent avec grâce et délicatesse un  rêve d’apesanteur qu’elle épelle pour nous en balançoires, marelles et saut de mésanges.

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Eliane Biedermann, revue Spered Gouez, n°18 (2012)


Ce recueil est une suite de poèmes dédiés à la grand-mère disparue, à qui semblent rattachés les quatrains de la  troisième partie (« Retour au jardin ») : «  D’un seau d’enfant brisé /  je cache dans l’herbe haute / les petits pois verts / d’un nain de jardin  // De l’armoire vide / j’entends le sifflement / des portes closes / la trace du vent sur la serrure » 
Lydia Padellec a déjà évoqué des souvenirs d’enfance liés à sa grand-mère dans son précédent recueil : «  La maison morcelée » (Le bruit des autres, 2011). Les vers d’Anna Akhmatova en exergue du recueil dénient toute réalité à la vieillesse et à la mort. La poésie ressuscite la mémoire, disputant les disparus et leur ombre à la grande faucheuse.
Les poèmes de ce recueil sont oniriques, dans cet espace où l’ombre de la nuit enlève leur matérialité aux choses : « D’un vieil  aquarium de verre / je gravite autour d’une île / en quête d’albatros / perdus dans le noir / / J’efface de la langue / les lignes de la main / qui suis-je à présent / sans passé ni futur ? ».
Par sa poésie, Lydia Padellec sait nous plonger dans un univers entre réel et fantastique, aux lisières du temps et de l’espace : « L’arbre baîlle en moi / étire ses branches / vers le bleu du ciel / en quête de mots / / A nouveau je m’attarde / devant la fenêtre / et guette de l’arbre debout /  l’envol du poème." 


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Jean-Paul Giraux (Poésie/première n° 54)

Dans son dernier ouvrage, Lydia Padellec propose une suite de quatrains, minces notations où elle se met en scène en évoquant un environnement de sensations fugitives et parfois brouillées, presque imperceptibles : nuages, arbres sous la pluie, le sang qui bat dans l'oreille, la rumeur des vents. Elle choisit l'instant crépusculaire, marche à la rencontre de l'océan, revient vers le jardin d'une enfance toujours habitée d'où le poème prend son envol. Nulle tristesse pourtant, me semble-t-il, ou légère, comme en filigrane, mais davantage un constat qui s'émeut quand "l'aiguille du coeur s'affole".  
Une succession  d'images simples et bien venues où présent et passé se répondent et scintillent, par   lesquelles le poète enferme dans ses mots la saveur parfumée des jours.

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Monique Serres, haïjin (janvier 2013)




Ce fut pour moi une lecture étonnante : un peu perdue d'abord, j'ai avancé et me suis sentie un peu plus, puis de plus en plus concernée. J'ai relu ensuite tout le recueil. J'aime comment tu construis ton lecteur, en même temps que ton écriture. C'est très fort. Je lis beaucoup et j'ai rarement eu cette impression d'être "créée" en même temps que j'avance dans la lecture. J'ai beaucoup aimé ton univers poétique, une présence au monde, empreinte de gravité, de force et de délicatesse.






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Jeanne Painchaud, haïjin québécoise (janvier 2013)




Dans ta Mésange, je crois que tu as réussi avec beaucoup de doigté le passage du haïku à une autre forme.  On sent encore un peu de l'esprit du haïku, mais il y a aussi une certaine liberté et un souffle très personnel dans les quatrains.  Et je suis jalouse de ton vers  "L'arbre bâille en moi" : magnifique !






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Maximine, poète (juin 2012)












 J'aime les rapprochements étranges ou drôles dont sont meublées tes évocations, métaphores. "Aiguille du coeur", "comme une mauvaise herbe", "barbe à papa arrachée aux nuages"... Tu crées un "réalisme" attachant et personnel, original. Ta mésange cause.




















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La maison morcelée

Sanda Voïca, Paysages écrits n°21 p. 324-326 (Avril 2014)

Voici un extrait de la recension, pour la lire intégralement, suivre le lien en dessous :

La maison morcelée est aussi le corps de l’auteure : morcelé, déchiré, mais qui, au fur et à mesure de l’écriture du livre, se refait, se reconstruit. Le fondement de la maison et du corps est fait de mots. Corps nouveau fait de morceaux (anciennes pierres) de la maison et la maison – paradoxalement – est encore plus ruinée, morcelée au maximum – par les mots. Pourquoi dis-je cela ? Car la maison restera à jamais vide et personne n’y reviendra plus. Corps nouveau et… miraculé. Un exergue de Paule Domenech nous le confirme : « Revisiter sa vie comme une maison, / pièce après pièce…/ Savoir qu’on va s’y promener, / tout à l’heure, /miraculé. » (p. 63) (moi qui souligne). Et « J’ouvre la porte. Le bleu m’envahit. Entièrement ». Je ne vais pas insister ici sur la symbolique du bleu, dans le sens de ce que nous avançons : le salut. Surtout que ce bleu apparaît à la fin de la deuxième partie du livre, (fin marquée, comme le début, par un fragment écrit en italiques), quand le premier fragment en caractères italiques (p. 11, en « ouverture ») finissait par le mot « déchirée ». La boucle est bouclée : l’écriture à sauvé, du moins pour quelque temps, la maison et le corps.

https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/archives/numero-21/pe21---sanda-voieca-sur-lydia-padellec-la-maison-morcelee

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Anne-Emmanuelle Fournier, Recours au poème n°72 (novembre 2013)

Lydia Padellec ou l’attention à l’infime
Beaucoup a déjà été écrit sur La maison morcelée de Lydia Padellec, et notamment sur sa dimension proustienne, évocation du temps qui toujours se dérobe aux retrouvailles sauf sous la forme elliptique du fragment. Une dimension a peut-être été moins soulignée : c’est cette attention à l’infime, qui, au-delà d’une poésie du quotidien, peut en outre être reliée à l’amour bien connu de l’auteure pour les différentes formes de la poésie japonaise (haïku, tanka, haïbun…). Si les textes réunis dans ce recueil ne reprennent nullement la forme de ces différents genres poétiques, on y retrouve pourtant cette considération égale accordée à tous les êtres, à toutes les formes de vie, si dérisoires qu’elles puissent paraître, qui imprègne la poésie japonaise et traduit entre autres ses liens avec le bouddhisme.
La suite de la note : http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/la-maison-morcelée-de-lydia-padellec/anne-emmanuelle-fournier

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Cécile Guivarch, Terre à ciel (avril 2013)

Lydia Padellec a publié en 2011 La maison morcelée aux éditions Le bruit des autres. Par petits fragments, petites phrases, un rythme morcelé comme le serait cette maison de la grand-mère, de l’enfance, où tous les souvenirs refont surface morceaux après morceaux. Le livre est divisé en trois parties. La première, la plus agréable, le rez-de-chaussée, où il est surtout question de tous ces petits souvenirs de vacances, cela avec le regard de l’enfant. La deuxième partie se déroule à l’étage, avec une tension qui monte, l’enfant qui n’est plus un enfant et la présence de l’aïeule qui s’efface. La dernière partie est celle de la dernière visite. Dans les deux premières parties, il n’était question que de fragments, des concentrés d’émotions et de souvenirs, tous avec une chute, un peu à la manière des haïkus que Lydia Padellec aime écrire. Cette dernière visite abandonne ce rythme et tend vers la prose avec des passages en italique, une dernière visite, pièce après pièce, raviver les souvenirs et se rendre compte de l’absence.

http://www.terreaciel.net/Hep-Lectures-Fraiches-Cecile

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Eliane Biedermann, revue Intervention à haute-voix, n° 48 (2011)


La « maison morcelée » est celle de la grand-mère de l’auteure, à laquelle Lydia Padellec va rendre une « dernière visite ». C’est dire le pouvoir émotionnel de ces fragments poétiques. La nature et les fleurs enserrent la maison comme un écrin, sans doute embellie par mille et une réminiscences. Tous ces petits riens qui revivent sous la plume de l’auteure nous renvoient à nos propres souvenirs  d’enfance : « le sachet de lavande (qui) n’embaume plus les rêves de l’aïeule », «  le papier floral de la chambre (qui) ne se reflète plus dans le miroir », les cahiers d’écolier, les poupées abandonnées, les photos  au grenier…

Le sentiment aigu que tout est éphémère accompagne aussi ces textes car « Tout semble s’effilocher   avec le vent ». C'est un joli voyage au pays du « Temps retrouvé » que n’aurait pas désavoué Proust, et que nous propose Lydia Padellec dans ce premier recueil de poèmes.

« La nuit enveloppe la maison avec douceur et toi, assise dans ton fauteuil, tu tricotes le pull que je porte aujourd’hui. La télévision est allumée, mais tu ne la regardes pas. C’est juste une présence, pour ne pas sentir le froid de la solitude, pour ne pas oublier. »


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Brigitte Aubonnet, revue en ligne Encres Vagabondes (14  février 2011)


La maison morcelée est un recueil de fragments qui évoquent le temps morcelé, celui qui se fractionne entre le passé et le présent. La maison, lieu fondateur, est chargée du passé que l’on porte en nous. La maison des parents, celle des grands-parents hantent nos souvenirs et s’offrent au présent chargées de nostalgie.

Du rez-de-chaussée au toit nous cheminons et partageons les petits instants de la vie d’une maison où se côtoient les êtres proches qui parfois n’existent plus que côte à côte : « Le papier peint floral de la chambre ne se reflète plus dans le miroir. Les corps ne se déshabillent plus pour l’amour. Une odeur de lys putride déborde du plancher. Une abeille, désorientée, agonise. »

La mer, les bateaux, les lilas, les iris, une abeille, une mouche, la lavande… ces petits bruits, ces parfums, ces rencontres, ces immobilités constituent une vie : « Le tabouret est bancal. Il lui manque un pied. On l’a couché dans un coin de la cuisine. Un rayon de lune lui chatouille le bois. Il ne semble pas souffrir de l’amputation. Une araignée tisse sa toile. Avec douceur. Comme un pansement. »

Le bord de mer n’est pas loin. L’évasion non plus. Dans les mots, dans les lignes, dans l’émotion.

De fragment en fragment les souvenirs affluent jusqu’à La dernière visite qui termine le recueil sur ce moment où l’on sait que rien  ne sera plus jamais comme avant.

Les mots de Lydia Padellec ont trouvé ce juste équilibre entre poésie et prose pour exprimer ces lieux et ces moments qui trouvent écho en chacun de nous. 

« Le goutte-à-goutte du robinet fait déborder le lavabo. La glace brumeuse ne renvoie aucun visage. Les mains flottent, détachées de leur bras, dans l’air saturé. Une bulle de savon  éclate et l’araignée se noie. »



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Jacques Fournier, site de la Maison de la poésie de St Quentin-en-Yvelines


Il s’agit là du premier « vrai » recueil de Lydia Padellec, après nombre de poèmes publiés en revues, en anthologies, quelques livres d’artistes et la création d’une maison d’édition, la délicate Lune bleue.
La Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines « suit » le travail de Lydia depuis quelques années déjà, lui proposant des temps de lectures publiques, des ateliers d’écriture et, récemment, une résidence d’écriture dans le Parc naturel régional de la haute-Vallée de Chevreuse. Dans la confiance que quelque chose émergerait et dans l’attente de la publication de son premier recueil. C’est chose faite maintenant. Et bien faite. […] Cette Maison morcelée contient de vraies pages (j’allais écrire pièces) réussies. L’idée même est séduisante. S’appuyant sur un distique de Paule Domenech (Revisiter sa vie comme une maison, / pièce après pièce), placé en exergue de la troisième et dernière partie, il s’agit en analysant la mémoire plus que le souvenir qu’on a des choses, d’évoquer une demeure, celle d’une grand-mère bretonne (Une odeur de crêpe au blé noir s’échappe de ma mémoire), des vacances partagées, à la recherche d’un passé qui n’arrive que par bribes, par fragments, par morceaux. Les deux premières parties, subtilement titrées Rez-de-chaussée / marée basse et Vers le toit / marée haute, contiennent de courts textes en prose qui relèvent plus de l’idée que l’on se fait d’un lieu que de la simple description, lieu connu dans un autre temps, en d’autres circonstances. Ce qui permet des échappées quasi fantasmatiques.  […]

Etrangement, insectes (moustique, grillon, mouche, mite, abeille,…), araignées et petites bêtes (lombrics, limaces,…) habitent ces poèmes et cette maison vide de toute présence humaine, sauf celle de la narratrice. Comme si la maison maintenant était à eux. Il y a quelque chose de mortifère dans ces visites d’une histoire qui ne reviendra pas.

On retrouvera chaque pièce de la maison, chaque pièce du mobilier, dans le dernier texte en prose, récit plus que poème, d’une ultime visite, presque inutile, tant les deux premières parties suffisent à dire ce qu’il y avait à dire de ce que peut être le souvenir.


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Jean-Paul Giraux (Poésie/première n° 50)

Les souvenirs sont un kaléidoscope qui se visite comme une maison d'enfance, de la cave à l'envolée du toit. Une maison fragmentée par les trous de la mémoire, mais toujours vivante et toujours habitée par les bonheurs et les peurs d'autrefois, avec ses vestiges fatigués et dérisoires encore fixés aux murs, abandonnés sur les étagères, mal protégés par les planches de la vieille armoire disloquée. Une maison où se rencontrent pour un face à face émouvant la jeune poupée d'autrefois, « habillée de poussières », et la presque vieille fillette d'aujourd'hui dont les proses discrètes et légères, rieuses par instant, toujours talentueuses, disent l'absence, les heures vides qui tissent leur toile, et cet arrachement que constitue pour l'adolescente l'entrée dans le monde brouillé des adultes : « Sur le carrelage de la salle de bains, une goutte de sang. Minuscule coccinelle. Elle a glissé le long de la jambe et ne s'est pas envolée. »


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Fabrice Farre, poète (août 2015)

Ton livre ne m'a pas quitté. J'ai été en bonne compagnie. Dans ta maison, j'ai entendu le silence, j'ai vu l'absence. J'ai plongé dans le minuscule, en toute confiance, au risque de m'abandonner, de m'oublier. Merci infiniment pour tes mots, notre rencontre (prolongée à l'infini grâce à ce beau livre).

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Cécile Oumhani, poète (juin 2011)

J'ai lu La maison morcelée et je voudrais te dire combien j'en ai été émue. Quelle finesse dans l'évocation de cette maison... Fluidité des reflets, subtilité de ces vies minuscules qui la peuplent, elle prend pleinement corps et vie dans tes mots. Elle survit au passage du temps et elle émeut si profondément parce que tu nous fais découvrir que cette maison de l'enfance nous ne la perdons jamais, pourvu que nous soyons attentifs à sa présence dans ces images de la mémoire que les mots de la poète incarnent et donnent en partage. Oui, il y avait beaucoup d'échos. Ton livre m'a tellement touchée, en me ramenant aussi aux odeurs, aux objets qui demeurent en moi, comme en chacun de nous, de ma propre maison de l'enfance.


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Michel Duflo, poète haïjin (juin 2011)

Je rentre tout juste de longues vacances dans le Sud où j'étais parti avec ton recueil de poésie. Et je voulais te dire combien il m'a plu. J'y ai retrouvé, sous une autre forme, quelques-uns de tes haïkus que tous tu nous distilles aux kukaïs. J'y ai aussi trouvé de formidables, étonnantes et poétiques images. j'ai été emballé, touché, ému même puisque ces histoires de maisons qui se ferment pour toujours, je les connais aussi.
Chapeau, chère Lydia. Comme j'aime à le dire "ça a de la tenue".
Et je sais que je relirai ton petit livre dans quelques mois.








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Maximine, poète (juin 2011)




"Petites choses de grand-mère, petites vies d'aujourd'hui... Pour chaque ligne, une écriture au charme immense et modeste. Le sens du temps qui va... Merveilleuse Maison morcelée."







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Jean-Paul Gavard-Perret, poète (juin 2011)


Lydia Padellec semble écrire en musicienne : à l’oreille. Elle est même dotée d’une oreille d’absolue capable de faire suinter les voix fluettes ou inaudibles des choses. Sa poésie est terrestre et atmosphérique. Ses émotions baignent dans le sac de l’amnios de la maison qui plus que jamais est « la maison de l’être » qu’évoquait Bachelard.
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